Visite éclaire.

décembre 6, 2010 § Poster un commentaire

Hier à l’aube, une brise froide mêlée à une odeur de souffre me réveilla d’un sommeil léger sur lequel je flottais la fin d’une semaine mouvementée.

Je me dirigeai vers mon balcon. De Sama Beyrouth, la vue est magique à cette heure de la journée: les ombres caressent les rues et tout est si calme…j’eus soudain l’envie d’un café plus matinal que d’habitude,  pour méditer sur ce paysage inédit. Oui car  à Beyrouth le calme, c’est inédit.

Je finis de préparer mon café avec douceur et délicatesse, quand la porte de mon appartement claqua avec une force qui fit croire à une explosion et me ramena à la réalité. Je courus dans le salon.

En personne, le diable,  s’y tenait debout, fier, il était bien habillé.

« -Putain tu m’as fait peur.

-Depuis quand tu emploies ce genre de mots? me dit-il alors que je fermais les volets. Il fit soudain un peu froid.

– Il ne me manquait plus que ça de ta part, que tu viennes me dire comment on doit parler.

– Bon je m’assois.

– Moui si tu veux, je marmonnai en passant la porte de la cuisine pour rajouter du sucre à mon café,  que je trouvai soudain un peu trop noir. J’entendais le diable ouvrir le journal. Il a journal spécial le diable, de la taille d’un briquet, et toutes les infos y passent à une vitesse spectaculaire.

Je sortis avec mon café et le reste d’un gâteau au chocolat et aux amandes. Je déteste voir mon hôte assis avec autant d’aise dans mon salon. Enfin ce n’est pas n’importe quel hôte c’est quand même le diable. Quel diable ce diable.

– Ce n’est pas une façon d’accueillir les gens ça…

Je le déteste.

– Tu viens sans doute me dire que dans quelques jours ils déclarent officiellement le résultat de l’enquête sur le meurtre de Hariri. Et que la guerre civile est aux portes, et que tout est enflammé. Je sais qu’ils risquent d’embraser le pays avec leurs déclarations. Même hier alors que je dinais tranquille, t’es passé à la télé sous forme d’un présentateur télé pour annoncer la nouvelle. Donc tu n’as pas besoin de t’incruster chez moi de bon matin, de réveiller tout l’immeuble en claquant la porte de la sorte. J’aimerai que tu ne viennes plus chez moi à l’improviste,  et que tu ne te tapes plus l’incruste avec tes mauvaises nouvelles.

Je m’enflamme mais c’est fini. Au diable le diable!

A ma plus grande surprise il sourit.

« On se durcit avec le temps…

-Tiens allume ma cigarette, lui dis-je pour me calmer.

Il cracha dessus et le feu vint délicatement se poser sur le bout de ma cigarette.

-Je pensais que t’avais arrêter de fumer.

-Je ne peux pas à Beyrouth tout le monde fume partout même dans les ascenseurs et franchement je préfère avaler la fumée d’une cigarette que de mourir de colère.

J’étais nerveuse.

-J’ai envie de voyager, lui dis-je soudain tout simplement. A-t-on idée de se confier au diable…

-C’est exactement ce que j’étais venu te dire, cracha-t-il.

– Que je dois partir ?

– Oui sinon tu mourras endurcie.

Je me levai pour chercher les assiettes que j’avais oubliées. Quel manque de tact de ma part.

Je ressortais de la cuisine et comme vous l’avez bien deviné,

il avait disparu.

Au loin les voitures commençaient à  se multiplier dans les rues,  les conducteurs s’échauffaient au volant, et le mardi d’avant les fêtes commença.

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