12 Angry Lebanese

septembre 3, 2010 § 2 Commentaires

Ou un documentaire d’une telle force qu’il a été capable de faire lever les spectateurs a la fin de la séance pour applaudir la réalisatrice certes mais aussi les 2 hommes qui l’ont accompagne: un ex-dealer de drogue et un ex …violeur.

Oui, oui pas de délire mais une des plus belles œuvres de cette année selon la direction qui a voté a l’unanimité « Angry Lebanese/Arabic Men » meilleur documentaire Libanais de cette année (bon c’est vrai qu’il y en a pas des tonnes dans ce petit pays dans lequel les artistes  luttent  contre eux-mêmes, le temps, l’argent  et les lois de ce pays pour pouvoir produire plus d’un ou de deux documentaire par an, mais certains y arrivent munis d’une force intérieure si grande qu’elle est prête a en faire plier plus d’un).

Apres des études aux Etats Unis en « Drama Therapy», Zeina Daccache revient au Liban avec un motivation qui en démotiverait plus d’une ou d’un: aller dans une des plus horribles prisons au Liban, la prison de Roumieh, pour essayer de changer les choses.

Avant d’aller plus loin, et pour ceux qui ne le savent pas, la Prison de Roumieh est l’une des pires prisons au Liban en terme d’hygiène, d’organisation, d’entretien, de non-respect des droits de l’homme (aussi non coupables qu’il soient pour certains d’entre eux). Elle est pleine a craquer, on y a jeté des prisonniers depuis la fin de la guerre civile, et on les a mélangés depuis,  a une masse d’hommes qui ont été coupables ou non de crimes, viols, deal de drogue, meurtre, ou rien du tout.

La justice libanais qui recrute des vieux mafieux, depuis la guerre, ne s’est pas renouvelée, elle est corrompue, a l’ancienne, pourrie, sans queue ni tête, c’est une grosse marmite d’hommes qui puent le tabac froid. Il ne faut pas tomber entre les mains de la justice, parce que si on n’est pas coupables, et qu’on n’a pas assez de « connaissances » (d’hommes très primés aux poches pendant en or), on risque d’avoir notre vie changer a tout jamais.

Dans cette prison la nourriture n’arrive pas aux prisonniers ou très peu, les prisonniers qui ne connaissent pas pour la plupart leur sort mais qui sont la depuis 15, 20, 30 ans pour certains , y ont perdu leur foi, leurs cœurs, leurs émotions, leurs vies, leurs familles. Se sont des corps sans âme, sans tête, sans émotion qui suivent la routine dévastatrice de leurs prisons.

Et dans tout ce bordel, embarque une jeune femme, la trentaine, plein d’entrain, prête a soulever la plus grosse montagne qui puisse exister: changer les choses, vivre pour une cause, y croire, surmonter ses soutes. Et voila qu’elle entreprend le projet de rassembler des prisonniers et de mener a bien un projet: une pièce de théâtre présentée devant un public de juges, de journalistes, de ministres, d’autres prisonniers, de gens comme vous et moi, et les familles qui ont complètement oublie qu’ils avaient quelqu’un de jeté dans une prison tant le temps peut effacer des souvenirs.

La pièce met en scène 12 juges (les prisonniers) qui ont entre les mains le cas d’un ado de 19 and qui est accusée d’avoir tue son père. Apres une délibération qui dure toute la pièce, les juges passent d’un acte d’accusation et on le sentence a la prison a perpétuité mais après un très long débat ils décident a l’unanimité de proclamer son innocence.

Elle filme le projet, arrive a monter la pièce avec des assassins, des violeurs, des voleurs, des dealeurs, et jusqu’a bout on a la main sur le cour que le projet ne marche pas, on est angoissé a l’idée que les prisonniers retournent a leurs cœurs endurcis et fassent tout écrouler,  on prie que le projet de cette jeune femme aboutisse…

Monologues, chansons écrites spécialement pour la pièce par les prisonniers.

Elle réussit alors son pari, elle sensibilise les autorités et Ziad Baroud présente alors au gouvernement et en urgence une demande de revoir les conditions de vie dans cette prison construite pour accueillir 1000 prisonniers et qui en contient aujourd’hui plus de 4000.

Et jusqu’a présent, je me demande avec fascination: comment une jeune femme a réussit a tenir tête a des têtes brulées qui sont pour certains  été condamnés a la prison a perpétuité, comment a-t-elle surmonte la pression sociale a savoir tous ces gens qui lui ont surement demande ce qu’elle foutait au lieu de mener une vie tranquille.

Bref… Crise de rires, larmes, émotions positives, et beaucoup d’amour derrière des barreaux en acier..

A partir de Lundi au cinéma Metropolis, le documentaire de Zeina Daccache, a ne pas rater sous aucun prétexte. Non vous n’allez quand même pas laisser Demaville applaudir des assassins toute seule!

*Ce “Drama therapy project “ a ete finance par l’Union Européenne.

*Zeina Daccache a du affronter les autorités pendant un an avant d’avoir le OK pour entamer son projet.


http://www.youtube.com/watch?v=xDvCifo3NE4

Realisé par: Zeina Daccache

Directeur photo: Jocelyne Abi Gebrayel

Montage: Michelle Tyan

Ingé.son: Raed Younan


§ 2 réponses à 12 Angry Lebanese

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Qu’est-ce que ceci ?

Vous lisez actuellement 12 Angry Lebanese à Demaville's Blog.

Méta

%d blogueurs aiment cette page :